17 août 2016

Ce qui nous sépare nous relie, ce qui nous relie nous sépare aussi

Ce qui nous sépare nous relie, ce qui nous relie nous sépare aussi. Deux anecdotes tirées de mes tribulations avant et après le Banquet du livre et des générations, à Lagrasse.   À l’aéroport de Munich, où je fais escale entre Belgrade et Toulouse, le jour du départ, le 6 août, l’agent de sécurité qui me tend les bacs où déposer mes affaires à l’entrée du portique est un vieil homme de petite taille, aux cheveux blancs et aux yeux bleus. À la vue de mon passeport, il me demande, en français, avec un léger accent : « il... [Lire la suite]

19 novembre 2015

Génération JAPD, la guerre ne date pas d'hier...

le voici donc, le texte que j'écrivais dimanche 15 novembre au matin, sous le choc... Il a les défauts de tous les textes écrits dans l'urgence, dans la colère, j'en conviens, mais il tente d'exprimer au mieux la bouillie qu'il y avait dans ma tête au lendemain des attentats. Je crois que ce qui est le plus honnête, de la part d'un écrivain, dans ces moments-là, c'est de de tâcher de retranscrire tous les états par lesquels on passe, les milliers de sentiments contradictoires qui nous traversent... En tout cas, il nous faut... [Lire la suite]
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18 novembre 2015

Nous, le peuple du canal

Aujourd’hui 18 novembre, je m’apprête à recopier ici mot pour mot le texte que j’ai écrit dimanche 15 novembre, entre 8h et 10h du matin, avant de quitter mon bureau pour aller m’aérer, me changer les idées, comme on dit. Je ne voulais pas le publier pour respecter le deuil, laisser les vivants enterrer les morts et les médecins réparer les blessés, pour ne pas ajouter de la colère à la colère, de la violence à la violence, de l’obscénité à l’obscénité. En trois jours, les commentaires se sont multipliés partout, venus de toutes les... [Lire la suite]
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17 juin 2015

regarder l'Europe geler

  Même ceux qui ne pouvaient imaginer la Muraille sans les nomades se demandaient parfois si c’était bien la présence de ceux-ci qui avait incité à son édification ou si ce n’était pas au contraire la Muraille qui, en se dressant à la frontière, les avait attirés. Ismaïl Kadaré, La Grande Muraille, 1993, p. 13-14.     Cette photo a été prise il y a vingt-six ans quasiment jour pour jour, le 27 juin 1989, lorsque le ministre des Affaires étrangères hongrois, Gyula Horn, et son homologue autrichien, Alois Mock,... [Lire la suite]
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17 novembre 2014

gloire à nos illustres nazis !

j'ai évoqué sa figure dans les dernières pages de La ligne des glaces : Herberts Cukurs (prononcer Tsoukours, un joli nom de famille qui veut dire "sucre"), "le bourreau de Riga", revient faire parler de lui en Lettonie... et cette fois-ci par le biais, oui, d'une comédie musicale.... Il aura eu le droit à des timbres postaux à son effigie en 2004, à une exposition le disculpant de ses crimes en 2005, voici le film tant attendu, dont le projet était déjà évoqué il y a neuf ans lorsque je traînais mes guêtres dans ces pays perdus que... [Lire la suite]
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13 août 2014

le rebelle, le réac et l'homme révolté : comment faire danser la réalité ?

  Je me fais la guerre et je me détruirai ou je renaîtrai, c’est tout, Albert Camus, note de mai 1959 Et ta blessure, où est-elle ? Je me demande où réside, où se cache la blessure secrète où tout homme court se réfugier si l’on attente à son orgueil, quand on le blesse ? Cette blessure – qui devient ainsi le for intérieur –, c’est elle qu’il va gonfler, emplir. Tout homme sait la rejoindre, au point de devenir cette blessure elle-même, une sorte de cœur secret et douloureux, Jean Genet, Le funambule. D’une... [Lire la suite]

09 août 2014

rebel without a cause

Qu’est-ce qu’un rebelle ?   On pourrait attendre d’un rebelle qu’il prenne toujours à contre-pied la société dans laquelle il lui est donné de vivre et qu’il paie le prix de son audace par une mise en quarantaine. Mais le rebelle à l’ère de la médiocratie n’aime pas l’ombre et fuit le silence ; chaque semaine qui s’écoule sans qu’on parle de lui l’effraie ; il a peur qu’on l’oublie déjà comme un effet de mode passager, comme une tocade printanière dont se piquaient les Madame Verdurin du moment. Un rebelle... [Lire la suite]
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26 mai 2014

nous la referons l'Europe, nous la referons du dehors, puisqu'elle pourrit en son cœur, puisqu'elle pourrit à l'intérieur

  quand tu viens de là (à gauche) et que tu arrives ici (à droite) tu te dis que tu as fait un grand pas vers la vie mais peut-être pas ton pays. à dix-sept ans j'ai quitté le bled crotté de mon enfance (à gauche) et décidé de ne plus jamais y remettre les pieds parce qu'un électeur sur 4 votait Le Pen, se déclarait mon ennemi et voulait ma mort aujourd'hui j'ai trente-trois ans, je vis en banlieue parisienne (à droite) où je respire un peu mieux, où le fond de l'air est moins brun mais c'est la France entière qui s'est... [Lire la suite]
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16 mai 2014

le fascisme n'est pas un vulgaire paganisme !

Le fascisme est avant tout une incapacité à percevoir la poésie dans la dure et lourde prose quotidienne, c'est la recherche d'une fausse poésie, emphatique et excitée. Claudio Magris Effrayé à l'idée d'un Levi-Strauss ouvrant par hasard le dernier philo mag et tombant sur le schématisme idiot d'un tableau vite fait mal fait qui tend à nous faire croire que la particularité de la pensée fasciste est de s'articuler autour de la vénération de 4 grands totems, terre, peuple, vie & mythes alors que toutes les sociétés humaines... [Lire la suite]
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16 janvier 2014

le produit et le métier des autres

Je ne comprends pas l’étonnement ou l’indignation de certains lorsqu’ils découvrent que Collodi, Balzac et Dostoïevski écrivaient pour gagner de l’argent, pour payer leurs dettes de jeu ou pour renflouer des entreprises commerciales déficitaires. Comme toute autre activité utile, écrire mérite salaire. Mais écrire à seule fin de lucre me semble dangereux, car cela mène presque toujours à une manière facile, trop soumise au goût du grand public et à la mode du moment », Primo Levi, Le métier des autres, trad. Martine... [Lire la suite]
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