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Ce printemps, je publierai plusieurs textes inspirés de mes récentes pérégrinations trans-européennes.

Le premier, Terminus Schengen, paraîtra demain lundi 12 mars aux éditions Le Réalgar, à Saint-Etienne, grâce à l'ami Daniel Damart, dans la très belle collection "l'Orpiment" dirigée par l'ami Lionel Bourg. 

http://lerealgar-editions.fr/portfolio/terminus-schengen/

C'est l'histoire d'un type qui prend toutes sortes de trains, en octobre 2015, à travers la Mitteleuropa, de Novi Sad à Leipzig, où l'attendent des amis, un frère, une exposition d'art contemporain, et le souvenir d'une arrière-grand-mère allemande qu'il n'a pas vraiment connu. C'est aussi un long poème rythmé par le ballast et les traverses, illustré de photographies en couleurs, volontairement floues, à travers les vitres embuées, les grilles des bouleaux, les gares abandonnées et les croix de tous nos cimetières. C'est enfin le chant haché, hanté, étranglé d'un Européen au moment de la si mal nommée "crise des migrants" et de la fermeture des frontières intracommunautaires. Voici ce qu'en dit l'éditeur, Lionel Bourg, qui en parle bien mieux que moi :

« C’est bien parce que le poème s’avère seul capable d’intégrer l’expression la plus subjective à l’exigence d’une pensée qui, jamais, ne se contentera « d’interpréter le monde », qu’Emmanuel Ruben n’a pas récusé la voix dont, toujours, essayiste, romancier, il écoute l’accent, disant ainsi très haut l’abjection d’une Europe en proie à des démons surgis des culs-de-basse-fosse de sa longue histoire. Terminus Schengen… Une telle errance, une aussi tragique pérégrination au bout de la honte comme de la détresse ne rend dès lors pas exclusivement compte du destin des « migrants » mais, haletante, escortée de cris, de murmures, contraint quiconque veut en parler à la dignité du chant. Le reste est affaire d’urgence. De crimes et de cynisme. De trains, de camions ou de piétinements. De mains lavées dans un seau où brillent les étranges reflets des étoiles que l’on cousait il n’y a pas si longtemps aux vêtements des voyageurs. »

9791095086710

Le deuxième texte, "Hôtel Ukraine", sera ma contribution au Livre des places, le volume du collectif Inculte, qui paraîtra début avril chez Inculte/Dernière marge et que vous pourrez vous procurer en avant-première dès le 15 mars si vous venez boire un whisky sur le stand de l'éditeur au Salon Livre Paris, où il paraît, soudain, qu'on paiera enfin les auteurs. (Enfin, ceux qui parlent, pas ceux qui écrivent). Pour ma part, c'est très bénévolement et avec un plaisir immense que je le présenterai en compagnie de Camille de Toledo et de Mathieu Larnaudie à la merveilleuse librairie de Charlotte Desmousseaux, à Nantes, le 18 avril à 19h30. La soirée sera animée par Anthony Poiraudeau. Pour plus d'informations, c'est ici : http://nantes.by-night.fr/soiree/collectif-inculte-le-livre-des-places-rencontre--622259.html

Pour dire deux mots de mon texte, c'est l'histoire d'un type qui arrive en avion à Kiev, et débarque sur Maïdan, en avril 2014, après la bataille. Pourquoi ? Parce que les écrivains arrivent toujours après la bataille. 

Ce livre, qui fait suite au volume collectif En procès, une histoire du XXe siècle aurait pu avoir pour titre "une géographie (mondiale) du XXIe siècle. Voici comment l'éditeur le présente : « Depuis deux décennies, dans de nombreuses villes du monde, les places se sont imposées comme les principaux foyers des élans de contestation populaire.

De Tahrir à Maïdan, de Taksim à la Puerta del Sol, de Syntagma à République, elles font figure de points de ralliement : à la fois lieux de surgissement d’une hypothèse politique et scènes centrales des événements auxquels elles ont souvent donné leur nom.

En recueillant les récits qui s’y sont fait jour, en écoutant retentir les voix qui s’y sont élevées, "Le Livre des places" esquisse une géographie politique possible du XXIe siècle.

avec des textes de : 
François Beaune, Arno Bertina, Jérôme Bourdon, Anne Collongues, Pierre Ducrozet, Mathias Enard, Valérie Gérard, Elitza Gueorguieva, Hakan Günday, Aiman Abdel Hafez, Maria Kakogianni, Cloé Korman, Mathieu Larnaudie, Camille Louis, Emmanuel Ruben, Jérôme Schmidt, Irina Teodorescu, Fadi Tofeili, Camille de Toledo. »

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Enfin, le troisième texte, Le Coeur de l'Europe, paraîtra le 17 mai aux éditions la Contre Allée, dans la belle collection "Fictions d'Europe". Voici comment l'éditeur, Benoît Verhille, le présente : "Emmanuel Ruben offre le journal d’un voyage géopolitique et culturel. Il y rappelle les conflits des années 90 à travers l’ex-Yougoslavie, ceux qui ont redessiné les frontières d’Europe centrale. Au cours de ce voyage, il privilégie la voiture puis le train ; paysages et villes défilent, délaissant les plages touristiques au profit des terres intérieures. Emmanuel Ruben boucle son périple à la frontière hongroise, théâtre de la crise migratoire actuelle."

Pour ma part, je dirai que c'est l'histoire d'un type qui tente de sonder le coeur de l'Europe mais ce coeur ne se trouve pas où vous l'attendez, ni à Paris, ni à Bruxelles, ni à Francfort, ni à Genève, Strasbourg, Luxembourg où dans je ne sais quelle capitale de l'Europe dite "communautaire". Ni dans les souvenirs très bourgeois de la Mitteleuropa viennoisement centrée d'un Stefan Zweig. Non, ce coeur - comme me l'a soufflé un jour Nicolas Bouvier - se trouve de l'autre côté de la ligne des glaces, dans les Balkans, où je n'ai pas seulement réappris à boire mais aussi à vivre, et à respirer. 

https://www.lacontreallee.com/catalogue/fictions-deurope/le-cœur-de-leurope