15 août 2016

De Yalta à Jérusalem en passant par Istanbul, Riga, Kiev et Novi Sad : réécrire l’Europe sur ses frontières

Du 6 au 13 août, j'étais à l'abbaye de Lagrasse, au Banquet du livre et des générations. Le 7, j'y ai prononcé une petite conférence, dont je retranscris ici l'intégralité, pour celles et ceux qui sont intéressé(e)s.   Avant de commencer cette conférence j’aimerais tout d’abord expliciter le titre que j’ai choisi même si, vous verrez, je risque de dévier un peu de la trajectoire déjà assez erratique que j’ai tenté de me fixer. Car ce n’est pas de géopolitique européenne – comme pourrait l’inviter à penser ce titre un peu... [Lire la suite]

12 novembre 2015

Que reste-t-il à tous les emmurés de la Terre?

Le 2 novembre, j'ai publié dans le Huffington Post une tribune. Comme le texte a aujourd'hui disparu dans les archives, remplacé dans la colonne de gauche par tout un tas d'autres blogs dont les dernières élucubrations de l'intellectuelle consensuelle CF, je le reproduis ici :   Les événements récents survenus en Europe et en Israël, cet avant-poste oriental de l'Occident, nous ont prouvé ceci: un mur ne peut rien contre la colère, un mur est la pire des frontières. Le XXIe siècle est un nouveau moyen-âge: on érige entre nous... [Lire la suite]
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04 septembre 2015

Virée de l’autre côté de la ligne des glaces : bienvenue en Hongrie !

« Quand ils regardaient une carte, ils ne voyaient que les lignes rouges des frontières. Et dans leur aveuglement, ils étaient tellement attachés aux frontières de ce qui, sans qu’ils s’en doutent, était une cage, qu’ils étaient prêts, pour les défendre, à mourir, à ressusciter et mourir encore. », Hakan Günday, Encore, Galaade, 2015, trad. Jean Descat.   L’été 2015 nous aura appris qu’un pays peut être exclu de l’Union parce qu’il vire à gauche et ne veut plus de sa fausse monnaie alors qu’un autre pays peut... [Lire la suite]
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21 août 2015

La Syldavie et la Bordurie existent, nous les avons traversées 1 : propos d'avant le départ

Quiconque a baigné toute son enfance dans Tintin et passé une bonne partie de sa vie à l’orient de l’Europe ne cesse de vouloir déceler dans les lieux qu’il a visités, où il a vécu, des caractéristiques de ces pays qu’il sait introuvables sur les cartes, mais où il a pourtant voyagé tant de fois en rêve – je veux parler de la Syldavie et de la Bordurie. Dès mon premier voyage à l’est (c’était en Hongrie, il y a dix-sept ans), j’ai cru découvrir la Syldavie. Mais de la Syldavie, je sais aujourd’hui que je ne décelais alors que des... [Lire la suite]
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17 juin 2015

regarder l'Europe geler

  Même ceux qui ne pouvaient imaginer la Muraille sans les nomades se demandaient parfois si c’était bien la présence de ceux-ci qui avait incité à son édification ou si ce n’était pas au contraire la Muraille qui, en se dressant à la frontière, les avait attirés. Ismaïl Kadaré, La Grande Muraille, 1993, p. 13-14.     Cette photo a été prise il y a vingt-six ans quasiment jour pour jour, le 27 juin 1989, lorsque le ministre des Affaires étrangères hongrois, Gyula Horn, et son homologue autrichien, Alois Mock,... [Lire la suite]
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12 août 2014

l'enlèvement d'Europe : les bouleaux ont des cornes

"Tantôt il joue et bondit sur l'émail des prairies; tantôt il se couche sur un sable doré, qui relève de son corps la blancheur éblouissante. Cependant Europe moins timide, porte sur sa poitrine une main douce et caressante. Elle pare ses cornes de guirlandes de fleurs. Ignorant que c'est un dieu, que c'est un amant qu'elle flatte, elle ose enfin se placer sur son dos. Alors le dieu s'éloignant doucement de la terre, et se rapprochant des bords de la mer, bat d'un pied lent et trompeur la première onde du rivage; et bientôt,... [Lire la suite]
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09 juillet 2014

le plus dur c'est de trouver le bon rythme

pour saluer le retour du Tour en France, les premières pages d'un futur roman où je dirai ma passion du vélo.    Le nombre des diastoles et systoles d’une vie humaine ou même d’un seul jour dépasse tous les chiffres imaginables, Alfred Jarry       LE PLUS DUR C’EST DE TROUVER LE BON RYTHME, disait Vlad, si tu ne trouves pas d’emblée ton propre rythme c’est fichu, tu chopes un point de côté, tu te mets dans le rouge, faut savoir doser, ne pas se griller d’avance, mouliner sans forcer, en garder sous... [Lire la suite]
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08 juillet 2014

sur le blog de "la lectrice à l'oeuvre", Christine Bini explore la ligne des glaces

un bel article, qui pose la question de l'Europe, du romanesque, et rappelle en écho le rôle qu'a joué Camille de Toledo dans cet aiguillage... pour lire l'article en entier et dans son contexte, c'est ici : http://christinebini.blogspot.fr/2014/07/la-ligne-des-glaces-demmanuel-ruben.html?spref=fb extrait :   "Le roman est construit selon une « ligne » de dessillement basée sur deux paramètres : la candeur du narrateur Samuel et le cours des saisons. Le gel hivernal, le dégel printanier, puis un été... [Lire la suite]
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16 juin 2014

sur le blog de Guénaël Boutouillet, qui sait donner envie de lire et tracer des ponts entre les livres et les auteurs

Cette recension me touche beaucoup car elle pose la question de l'Europe et trace des ponts entre les rares auteurs qui s'emparent de ce drôle d'objet littéraire : je veux parler de Camille de Toledo et de Mathias Enard, notamment : "Cartographier cette improbable frontière, c’est interroger la notion d’Europe (« qui n’avait pas tranché l’Europe car il n’y avait jamais eu d’Europe mais qui avait tranché des bras et des jambes, des cous, des cœurs, des langues, des cerveaux… »). C’est glisser de Géographie en Histoire,... [Lire la suite]
26 mai 2014

nous la referons l'Europe, nous la referons du dehors, puisqu'elle pourrit en son cœur, puisqu'elle pourrit à l'intérieur

  quand tu viens de là (à gauche) et que tu arrives ici (à droite) tu te dis que tu as fait un grand pas vers la vie mais peut-être pas ton pays. à dix-sept ans j'ai quitté le bled crotté de mon enfance (à gauche) et décidé de ne plus jamais y remettre les pieds parce qu'un électeur sur 4 votait Le Pen, se déclarait mon ennemi et voulait ma mort aujourd'hui j'ai trente-trois ans, je vis en banlieue parisienne (à droite) où je respire un peu mieux, où le fond de l'air est moins brun mais c'est la France entière qui s'est... [Lire la suite]
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