06 novembre 2018

Tournée d'automne

Le manuscrit de mon prochain livre (Sur la route du Danube, à paraître en mars 2019 chez Rivages), étant sur le point d'être bouclé, je vais pouvoir sortir de l'hibernation estivale et reprendre la route des librairies et des festivals pour une petite tournée d'automne en attendant le printemps. Je serai heureux de vous retrouver : - du 16 au 18 novembre à Cognac pour le festival de Littératures européennes : https://litteratures-europeennes.com/wp-content/uploads/2018/11/Programme-LEC-092018BD.pdf - le 22 novembre à 19h30 à... [Lire la suite]

20 septembre 2018

Lettre ouverte à Emmanuel Laurentin

Cher Emmanuel Laurentin, je vous écoutais hier sur France Culture et voici ce que j'ai entendu : « tout a été vendu par ses héritiers de sorte qu’il n'y a plus que le bureau et la chaise de Julien Gracq à la Maison Julien Gracq. Ça va être difficile… » ! En tant que directeur de l'association Maison Julien Gracq, cher Emmanuel Laurentin, je m'insurge contre cette idée reçue qui nuit beaucoup à notre cause et qui prouve que vous n'avez pas mis les pieds à la Maison Julien Gracq. Non, cher Emmanuel Laurentin, il n'y a pas... [Lire la suite]
15 juin 2018

L'Europe est une fiction

L’Europe est une fiction. Ou plutôt des fictions. Fiction cartographique, qui croit finir – la faute au géographe du Tsar – avec le Bosphore et l’Oural. Fiction historique, car l’Europe, ne commence pas avec Athènes, Rome ou Jérusalem, comme on nous l’enseigne à l’école – Europe, c’est le nom pratique que trouva un pape, en l’occurrence Pie II – alias Enea Silvio Piccolomini –, pour désigner en 1464, à Ancône, face à l’Adriatique, l’ensemble de cette petite presqu’île torturée qu’on appelait encore la Chrétienté et rameuter une... [Lire la suite]
03 juin 2018

l'extase géographique

    Le 18 mai 2018, je répondais aux questions d'Alexandra Schwartzbrod, dans la bibliothèque de la Maison Julien Gracq. L'après-midi, je montais dans une barque pour une séance photo et ne tardais pas à vérifier qu'on avait oublié les pédales à ce drôle de "modèle à propulsion secrète", comme disait Julien Gracq des engins de ses personnages. Remonter la Loire debout sur une barqueet les bras croisés ne serait pas aussi simple que de remonter le Danube à vélo... Voici l'entretien dans son intégralité : 1) D'où vient... [Lire la suite]
15 mai 2018

Les cerfs-volants de la colère

Lorsqu’en 2014 j’ai commencé à écrire le roman qui deviendrait Sous les serpents du ciel, c’était pour apaiser la colère et la honte que je ressentais depuis les sanglantes opérations israéliennes contre Gaza. Je connaissais encore très mal cette région et je n’avais pas fait le grand voyage qui donnerait, en octobre 2015, Jérusalem terrestre. J’étais donc convaincu d’écrire une fiction – et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de situer ce roman sur un archipel imaginaire, à une époque future – 2047 très exactement. Dans sa... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 12:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
11 mars 2018

Un printemps européen ?

Ce printemps, je publierai plusieurs textes inspirés de mes récentes pérégrinations trans-européennes. Le premier, Terminus Schengen, paraîtra demain lundi 12 mars aux éditions Le Réalgar, à Saint-Etienne, grâce à l'ami Daniel Damart, dans la très belle collection "l'Orpiment" dirigée par l'ami Lionel Bourg.  http://lerealgar-editions.fr/portfolio/terminus-schengen/ C'est l'histoire d'un type qui prend toutes sortes de trains, en octobre 2015, à travers la Mitteleuropa, de Novi Sad à Leipzig, où l'attendent des amis, un... [Lire la suite]

06 janvier 2018

Faire un vœu

En ces premiers jours de janvier, la Loire est une autre mer – avec ses vastes eaux démontées, soulevées de grandes vagues, le fleuve venu du Massif Central semble avoir inversé son cours et pris des largeurs d’Océan, la lune à son périgée se reflète dans l’eau grise, la mouscaille se change en écume de mer, on croirait sentir le sel souffler dans les branches nues des saules, le mascaret viendra bientôt chahuter nos barques et sous le doux crachin que portent les grands vents d’ouest, les températures sont étrangement printanières.... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 11:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
22 décembre 2017

Transmettre

Il y a dix ans, le 22 décembre 2007, s’éteignait Julien Gracq – alias Louis Poirier. Les Rencontres Gracq à Saint-Florent-le-Vieil, le lycée Henri IV à Paris, bientôt le lycée Clemenceau à Nantes ont célébré ou célébreront cette décade intimidante en insistant sur ce qui demeure vivant dans cette œuvre : la part belle donnée aux lectures à voix haute nous rappelle que Julien Gracq fut une voix, si singulière qu’elle nous manque aujourd’hui pour chanter la plante humaine, lire la face de la terre et garder les yeux ouverts car... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 21:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
13 décembre 2017

Doubles funérailles dans la nation France : le prozac du Figaro et le prozac du populo

En littérature, je n'ai plus de confrères. Dans l'espace d'un demi-siècle, les us et coutumes neufs de la corporation m'ont laissé en arrière un à un au fil des années. J'ignore non seulement le CD-Rom et le traitement de texte, mais même la machine à écrire, le livre de poche, et, d'une façon générale, les voies et moyens de promotion modernes qui font prospérer les ouvrages de belles-lettres. Je prends rang, professionnellement, parmi les survivances folkloriques appréciées qu'on signale aux étrangers, auprès du pain Poilâne, et... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 17:27 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
11 décembre 2017

Jérusalem sous le ciel exactement

Jérusalem, comète historique dont l’histoire se réduit à un long sillage enflammé, posée sur sa colline brûlée comme une fusée sur sa rampe de lancement – tant de furie d’éternité dans un si petit corps – serrant maigrement autour d’elle son État nain et famélique – ville Pythie, ville épileptique, hoquetant sans trêve de la transe de l’avenir, mordant le pied qui l’écrase, projetant autour d’elle comme les pierres de Deucalion les pierres calcinées de ses remparts – toujours au bord de l’hystérie, entre la pluie de sauterelles et... [Lire la suite]