11 janvier 2014

non, on ne va pas se marrer - réponse à Pierre Jourde

Il faut partir, Elias, fuir cette parodie. Trouver une autre voie : ni la nostalgie, ni le rire. Car nous ne sommes pas des sages nous cherchons, au-delà du rire, de l'oubli et de la trahison, un sens. Camille de Toledo, Oublier trahir puis disparaître, 2014.     pour lire l'article de Pierre Jourde : http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/archive/2014/01/08/protegeons-nos-antisemites-518657.html   Bonjour Pierre Jourde,   bravo pour votre chronique qui démontre encore une fois votre talent... [Lire la suite]
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05 janvier 2014

captifs d'Azemmour

 Nathanaël, que toute émotion sache te devenir une ivresse. Si ce que tu manges ne te grise pas, c'est que tu n'avais pas assez faim. André Gide     Le chemin aura été long jusqu’à la lumière. Entre ses bosquets d’eucalyptus et ses murets de cactus, la halte d’Azemmour est une gare abandonnée en plein no man’s land où les ânes et les moutons à tête noire brouteraient le ballast si l’herbe venait à manquer. Vue de la voie ferrée, Azemmour – prononcez Azmour avec ce z qui zèbre l’un des plus beaux mots de la... [Lire la suite]
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04 janvier 2014

casa mosaïque

  Et je me plongeais dans l’inextricable réseau des rues étroites et poudreuses, à travers la foule en haillons, l’encombrement des chiens, des chameaux et des ânes, aux approches du soir dont l’ombre descend vite, grâce à la poussière qui ternit le ciel et à la hauteur des maisons. Qu’espérer de ce labyrinthe confus, grand peut-être comme Paris ou Rome, de ces palais et de ces mosquées que l’on compte par milliers ? Nerval   Ingrid Bergman et Humphrey Bogart ne seront pas là, sur le tarmac de l’aéroport, pour... [Lire la suite]
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03 janvier 2014

mâchoire de l'Europe

Finalement, la marche - ou la marge frontalière - est l'endroit où la totalité d'une personne humaine, en accord et en contradiction avec elle-même s'exprime le plus amplement. Jean Genet     Vu du ciel, le détroit terminus de l’Europe est une mâchoire – le rocher de Gibraltar un croc qui s’enfonce dans la pulpe indigo de la mer ; lui fait face, autre croc, autre rocher, Ceuta l’espagnole que nous avons gardée pour mieux verrouiller nos rêves de glace et serrer les dents sur nos remords pas un nuage dans le ciel,... [Lire la suite]
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30 novembre 2013

pour en finir avec le jugement des hommes

C’est un travail de décapage et de réparation que mène Paul Audi dans Qui témoignera pour nous ?   Loin de toute hagiographie, ce livre rend Albert Camus – l’écrivain conspué puis idolâtré – à son art et à sa philosophie. Depuis la grande biographie de Lotmann, je n’avais rien lu d’aussi juste sur Camus. Rien lu qui prît la peine, avec intelligence et délicatesse, de comprendre Camus, sa vie, son œuvre. Et non de le juger. De lire ses livres, de lire entre les lignes, d’écouter cette parole muette qui est l’autre... [Lire la suite]
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26 octobre 2013

l'image touchante - notes sur l'image manquante de Rithy Panh

  L’art se fait avec les mains. Elles sont l’instrument de la création, mais d’abord l’organe de la connaissance. Pour tout homme, je l’ai montré ; pour l’artiste, plus encore, et selon des voies particulières. C’est qu’il recommence toutes les expériences primitives : comme le Centaure, il tente les sources et les souffles. Tandis que nous recevons le contact avec passivité, il le recherche, il l’éprouve. Nous nous contentons d’un acquis millénaire, d’une connaissance automatique et peut-être usée, enfouie en... [Lire la suite]

22 octobre 2013

largo portugal 3 - aveiro atlantico

  C’est la voix de la terre aspirant à la mer Pessoa   Ici toutes les îles sont éphémères et vu depuis la dernière dune le paysage est un archipel de quelques heures qui s’efface avec le flux, que redessine le jusant. Hier soir à marée basse, la lagune se rendait à la terre en se vidant de ses eaux comme une immense baignoire d’argile, avec des touffes d’herbes qui apparaissaient par endroits, des traces de pas, des empreintes les hommes marchaient au milieu de la vase, chaussés de grandes bottes de caoutchouc qui... [Lire la suite]
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20 octobre 2013

atlas vital - à propos de Cyclone de Frédéric-Yves Jeannet

  Je porte dans mon coeur comme dans un coffre impossible à fermer tant il est plein tous les lieux que j'ai hantés, tous les ports où j'ai abordé, tous les paysages que j'ai vus par des fenêtres ou des hublots, ou des dunettes, en rêvant, et tout cela, qui n'est pas peu, est infime au regard de mon désir. Pessoa, Passage des heures, trad. Armand Guibert.     Voici déjà trois ans que ce livre noir – car telle est sa couleur dans la deuxième édition parue en 2010 chez Argol – est devenu pour moi un livre de... [Lire la suite]
29 septembre 2013

sur le webzine Zone Critique, un article en demi-teinte intitulé "Pourquoi donc Albert Camus ?"

  pour lire l'article en entier et dans son contexte : http://zone-critique.com/2013/09/29/kaddish-pour-un-orphelin-celebre-et-un-matelot-inconnu/ Retour aujourd’hui sur le joli roman d’Emmanuel Ruben, Kaddish pour un orphelin célèbre et un matelot inconnu qui met en scène  Albert Camus et le grand père du narrateur. Mais pourquoi, justement, Albert Camus ? "L’ « orphelin célèbre » et le « matelot inconnu » meurent tous deux en 1957. Albert Camus dans un accident de... [Lire la suite]
20 septembre 2013

de l'arbre au cristal en passant par le labyrinthe

                      article paru le 19 septembre 2013 dans la revue en ligne Sens Public  http://www.sens-public.org/spip.php?article1042   extrait   [...]   Si Stendhal avait eu recours au daguerréotype, La Vie de Henry Brulard – écrite en 1835, l’année même de l’invention du procédé – serait probablement parsemée de clichés photographiques. Si W.G. Sebald avait vécu à l’époque de Stendhal, s’il avait eu comme... [Lire la suite]
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