20 octobre 2013

atlas vital - à propos de Cyclone de Frédéric-Yves Jeannet

  Je porte dans mon coeur comme dans un coffre impossible à fermer tant il est plein tous les lieux que j'ai hantés, tous les ports où j'ai abordé, tous les paysages que j'ai vus par des fenêtres ou des hublots, ou des dunettes, en rêvant, et tout cela, qui n'est pas peu, est infime au regard de mon désir. Pessoa, Passage des heures, trad. Armand Guibert.     Voici déjà trois ans que ce livre noir – car telle est sa couleur dans la deuxième édition parue en 2010 chez Argol – est devenu pour moi un livre de... [Lire la suite]

31 août 2013

les cyclistes n'aiment pas les pavés, c'est bien connu

  à l'heure de la rentrée littéraire, quand on a le choix entre tant de pavés sur les étals de nos libraires, afin de passer l'hiver bien au chaud dans notre petit enfer du Nord, on ne saurait trop conseiller de voyager léger,  voici donc un petit livre qui se glisse dans la poche arrière d'un maillot cycliste taille S et qui ne s'imprègne même pas de la sueur - j'en ai fait l'expérience, croyez-moi, ce n'était pas sur Paris-Roubaix mais sur Paris-Herblay, l'aller dans un transilien de la ligne H car j'emmenais mon vélo... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 09:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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31 juillet 2013

L’usage du Nord - à propos de Voyage vers le nord de Karel Čapek

  Quand l’un de nous se met à faire tout de travers, on dit qu’il a « perdu le Nord ». Nous avons tous un Nord dans la tête, qu’il n’est pas bon de laisser perdre. Tantôt il hiberne, tantôt il revient nous souffler son haleine glaciale. […] Cette province bleue de l’imaginaire a toujours engendré les hypothèses les plus folles » Nicolas Bouvier   Qui n’a pas rêvé un jour de retrouver le Nord perdu ? Lire Voyage vers le nord, de Karel Čapek, dans la magnifique traduction de Benoît Meunier, c’est... [Lire la suite]
15 septembre 2011

tableau archipélagique de la France

  Dix kilomètres à droite ou à gauche suffisent à vous dépayser Jean Giono   j'ai découvert Jean-Christophe Bailly en juillet 2009, lorsque j'ai déniché, chez un bouquiniste, une vieille édition de l'Apostrophe muette (Hazan, 1997). Très vite, j'ai été conquis par cette prose à la fois savante et spontanée, si ductile, où le détour, la bifurcation, l’arabesque n’est jamais pli gratuit, pli rococo, pour le caprice, mais agrandissement, élargissement, ramification – comme si un trop-plein de pensée débordait la... [Lire la suite]
29 juin 2010

kaddish pour une Europe de la mémoire/utopie pour une Europe de la traduction

Il y a des livres qui sont un choc, une révélation, des livres qu’on attendait depuis longtemps, des livres qui réveillent en vous les mots qui sommeillaient, des livres qui ouvrent un horizon, dessinent de nouveaux contours, percent la brèche, donnent à voir, à penser – des livres qu’on lit dans la rue, en sortant de chez son libraire, comme on lisait autrefois le journal au lendemain d’une catastrophe, en marchant à grands pas, tête baissée, pris de vertige, au point de bousculer les vieilles dames sur son passage et de se faire... [Lire la suite]