10 mai 2014

retour de Kiev 4

  Avec l'Ukraine, ce sera extraordinairement douloureux. [...] Nous sommes obligés de remettre la décision entre leurs mains : fédéralistes, sécessionnistes, à chacun d'essayer de convaincre l'autre. [...] Qu'ils vivent leur vie, qu'ils fassent l'expérience. ils ressentiront vite que tous les problèmes ne sont pas résolus par la sécession. Soljénitsyne, L'archipel du Goulag, t. 3, 1976.   Vendredi 25 avril     Toute la nuit j’ai repensé aux images de la veille. Ce matin je n’ai qu’une seule idée en... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 12:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

04 mai 2014

retour de Kiev 3

Ah, quel terrible pays que l'Ukraine ! Car enfin cette révolution... Non, voyez-vous, avec de pareils pourceaux, il est impossible de faire la moindre révolution... Boulgakov, la Garde blanche, 1925 (phrases censurées en URSS jusqu'en 1989)   Jeudi 24 avril Temps printanier, ciel bleu cobalt, vent tiède. Ce matin je décide de retourner sur Maïdan, où je n’ai pas vu grand’ chose le soir de mon arrivée. Cette fois, je m’y rends en métro. En sortant de la station, mon œil remonte le long de la colonne de l’indépendance qui ne... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 22:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
02 mai 2014

retour de Kiev 2

Là, nous étant libérés des grandes personnes, nous allions établir notre place forte, proclamer une république des jeunes. Là, nous allions promulguer des lois nouvelles, une nouvelle hiérarchie de critères et de valeurs, mener une vie placée sous le signe de la poésie et de l’aventure, des éblouissements et des étonnements continuels. Bruno Schulz, « La République des rêves » in Les boutiques de cannelles, trad. Thérèse Douchy.   Mercredi 23 avril. Ciel bleu pâle, chaleur estivale, soleil éblouissant. On se croirait... [Lire la suite]
01 mai 2014

retour de Kiev 1

  mardi 22 avril. 18h15. Vu depuis le hublot, le Dniepr, large comme une mer, miroite à l’horizon, sous les nuages ; la Desna le rejoint en serpentant ; Kiev s’annonce alors, ville-archipel éclatée entre ses collines et les bras du fleuve. Arrivée à l’aéroport de Kiev Borispil. Étonné par le nombre de Juifs qui attendent dans les files pour passer la douane. Un avion en provenance de Tel-Aviv a dû atterrir en même temps que le mien. Des Loubavitch qui portent de gros chapeaux noirs, des manteaux noirs, des barbes... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 21:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
21 février 2014

mon ukraine

    Nous allons étonner les gouvernements européens en leur apprenant une chose, c'est que les crimes sont des crimes, c'est qu'il n'est pas plus permis à un gouvernement qu'à un individu d'être assassin, c'est que l'Europe est solidaire, c'est que tout ce qui fait en Europe est fait par l'Europe, c'est que s'il existe un gouvernement bête fauve, il doit être traité en bête fauve... Victor Hugo Être européen ne consiste pas à nous fondre dans l’Europe, mais au contraire à devenir un de ses éléments, une partie... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 12:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
16 janvier 2014

le produit et le métier des autres

Je ne comprends pas l’étonnement ou l’indignation de certains lorsqu’ils découvrent que Collodi, Balzac et Dostoïevski écrivaient pour gagner de l’argent, pour payer leurs dettes de jeu ou pour renflouer des entreprises commerciales déficitaires. Comme toute autre activité utile, écrire mérite salaire. Mais écrire à seule fin de lucre me semble dangereux, car cela mène presque toujours à une manière facile, trop soumise au goût du grand public et à la mode du moment », Primo Levi, Le métier des autres, trad. Martine... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 14:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

12 janvier 2014

mirage atlantique

   Mais nous avons appris, loin de Paris, qu'une lumière est dans notre dos, qu'il nous faut nous retourner en rejetant nos liens pour la regarder bien en face et que notre tâche avant de mourir est de chercher, à travers les mots, à la nommer Albert Camus    D’El-Jadida nous n’aurons d’abord eu que la soif et l’illusion ; c’est en marchant sur la plage, dans la rumeur de l’océan, que nous avons vu se débrumer son mirage au-dessus des dunes de sable ; une ville avançait, reculait, se dressait... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 16:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
11 janvier 2014

non, on ne va pas se marrer - réponse à Pierre Jourde

Il faut partir, Elias, fuir cette parodie. Trouver une autre voie : ni la nostalgie, ni le rire. Car nous ne sommes pas des sages nous cherchons, au-delà du rire, de l'oubli et de la trahison, un sens. Camille de Toledo, Oublier trahir puis disparaître, 2014.     pour lire l'article de Pierre Jourde : http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/archive/2014/01/08/protegeons-nos-antisemites-518657.html   Bonjour Pierre Jourde,   bravo pour votre chronique qui démontre encore une fois votre talent... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 11:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
05 janvier 2014

captifs d'Azemmour

 Nathanaël, que toute émotion sache te devenir une ivresse. Si ce que tu manges ne te grise pas, c'est que tu n'avais pas assez faim. André Gide     Le chemin aura été long jusqu’à la lumière. Entre ses bosquets d’eucalyptus et ses murets de cactus, la halte d’Azemmour est une gare abandonnée en plein no man’s land où les ânes et les moutons à tête noire brouteraient le ballast si l’herbe venait à manquer. Vue de la voie ferrée, Azemmour – prononcez Azmour avec ce z qui zèbre l’un des plus beaux mots de la... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 17:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
04 janvier 2014

casa mosaïque

  Et je me plongeais dans l’inextricable réseau des rues étroites et poudreuses, à travers la foule en haillons, l’encombrement des chiens, des chameaux et des ânes, aux approches du soir dont l’ombre descend vite, grâce à la poussière qui ternit le ciel et à la hauteur des maisons. Qu’espérer de ce labyrinthe confus, grand peut-être comme Paris ou Rome, de ces palais et de ces mosquées que l’on compte par milliers ? Nerval   Ingrid Bergman et Humphrey Bogart ne seront pas là, sur le tarmac de l’aéroport, pour... [Lire la suite]
Posté par emmanuelruben à 18:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,